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Cécile Bazin
Le 20 avril 2018
Le monde change, le bénévolat aussi !

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Le monde change, le bénévolat aussi !

Deux enquêtes en 2016, avec des questions identiques déjà posées en 2010, ont permis de pointer les changements pour mieux les accompagner :

• Une enquête IFOP pour France Bénévolat et Recherches & Solidarités : 3 156 personnes interrogées en janvier 2016, pour déterminer le pourcentage et le profil des bénévoles, parmi les Français.

• Une enquête Recherches & Solidarités : 6 667 bénévoles interrogés en mars – avril 2016, pour préciser et comprendre les comportements des bénévoles.

Le bénévolat associatif en chiffres

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On estime à 13 millions le nombre de bénévoles dans les associations en 2016. Son augmentation ces six dernières années est plus particulièrement portée par les hommes (23% d’entre eux étaient bénévoles en 2010, ils sont 27% en 2016) et par les générations de moins de 50 ans (+ 5 points pour les moins de 35 ans et + 8 points pour les 35 – 50 ans) :

• Les femmes, traditionnellement plus tournées vers des formes d’engagement informel et probablement plus impliquées dans les solidarités familiales, restent à peu près au même niveau qu’en 2010 (23% en 2016).

• A partir de 50 ans, la proportion de Français engagés dans les associations se replie régulièrement depuis 2010 : de 26% à 22% pour les 50 – 65 ans ; de 38% à 35% pour les plus de 65 ans.

Ce retrait de la part des plus âgés, notamment des plus de 65 ans qui restent les plus investis dans les associations, est le résultat de situations et d’évolutions différentes. Certains quittent la vie dite active, en s’investissant fortement. D’autres sont conduits à réaménager leur temps passé dans les associations et à faire des choix pour trouver un équilibre entre leur engagement, des activités personnelles auxquelles ils tiennent de plus en plus, et les solidarités familiales de plus en plus prégnantes aujourd’hui. D’autres encore, un peu las et fatigués, parfois même désabusés face à des situations qu’ils ne voient pas évoluer ou encore submergés par le poids des responsabilités, lèvent le pied dans leurs associations.

De profondes mutations

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Au-delà des spécificités liées à l’âge, le bénévolat associatif a connu en six ans, de réelles transformations. Il est nettement plus stimulé par « l’envie d’agir » face au contexte actuel, exprimée par la moitié des bénévoles. Et nombreux sont ceux qui traduisent leurs paroles en actes : un tiers environ des bénévoles déclarent exercer aujourd’hui plus de responsabilités dans leur association, porter plus d’intérêt à leur mission et donner plus de temps, qu’il y a deux ou trois ans. Pour les années à venir, ils sont 26% à souhaiter consacrer plus de temps à leur activité.

« La force du collectif » est également mise en avant, pour jouer un rôle dans la société et pour tenter d’influencer son évolution. Et la « citoyenneté » comme les « valeurs de solidarité » sont nettement plus affirmées.

Les notions de compétences, de savoir-faire et d’aptitudes gravitent aujourd’hui, beaucoup plus qu’en 2010, autour de celles de bénévolat et d’engagement. Est-ce sous l’effet de la professionnalisation du secteur associatif ? De la prise de conscience des savoir-faire et des savoir-être que permet de développer le bénévolat, au plan individuel comme au plan collectif ? De leur valorisation dans le milieu scolaire, universitaire et de plus en plus dans le milieu professionnel ?

Ces notions s’expriment d’abord dans les motivations : « l’acquisition de compétences » est celle qui progresse le plus en six ans. En retour, les satisfactions en termes « d’accès aux responsabilités », de « reconnaissance » et de moyen de se (re)lancer professionnellement gagnent le plus de terrain. Avec le risque de priver les moins diplômés, déjà nettement moins présents que les autres dans les associations, d’expériences personnelles enrichissantes et utiles pour les autres.

L’importance accordée aux compétences est telle qu’elle pousse 37% des bénévoles à citer la formation au premier rang de leurs attentes, prolongée par une demande de conseils (23%) et d’informations sur les activités de l’association (14%). Elle conduit également un tiers des bénévoles à faire de leur transmission une priorité pour les années à venir.

En corollaire, les savoir-faire que mobilisent les bénévoles, comme le sens accru qu’ils donnent à leur action et leurs motivations plus affirmées, suscitent « une exigence plus forte concernant l’efficacité des actions menées au sein de leur association », aujourd’hui premier facteur de déception des bénévoles. Cette préoccupation s’accompagne aussi d’une exigence bien légitime, « de soutien de la part d’autres bénévoles » (32%), « d’une plus grande attention de la part des dirigeants » (25%), « d’une écoute plus attentive » (19%), sans oublier « une meilleure reconnaissance de l’action bénévole » (12%).

De véritables défis pour les associations

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Après quelques craintes, suite à l’enquête de 2013 qui laissait entrevoir des formes d’engagements moins réguliers, ces travaux menés en 2016 ouvrent des perspectives tout à fait encourageantes. Elles le sont d’autant plus qu’il s’agit pour la plupart de tendances affirmées, qui sont confortées par les résultats concordants des deux enquêtes de 2016, celle menée auprès des Français et celle à l’attention des bénévoles.

Encourageantes, ces mutations n’en demeurent pas moins un vrai sujet pour les associations : elles ne suffisent pas à satisfaire des besoins croissants et un nombre d’associations en augmentation chaque année, elles les obligent à s’adapter à de nouvelles attentes et de nouveaux comportements de la part des bénévoles, à revoir éventuellement leur communication pour les mobiliser et les motiver… Elles les invitent à trouver un juste équilibre entre gestion et animation des bénévoles, pour répondre à leurs objectifs d’efficacité et d’acquisition de compétences, et tenir compte de leur réel attachement à la convivialité et à la reconnaissance.

Sans compter que les associations doivent aussi user de leur capacité d’adaptation face aux nouveaux modes d’intervention bénévoles dont ceux que le numérique a rendus possibles : missions à distance, plateforme de mobilisation sur des actions ponctuelles…

***

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Documents
icoPaperclip32Dark La France bénévole-2016.pdf
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