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Yaële Aferiat
Le 7 septembre 2018
Points clés pour un mécénat de compétences réussi

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Points clés pour un mécénat de compétences réussi

Associations, il vous manque des compétences en interne ? Entreprises, vous souhaitez vous engager autrement et mettre les compétences de vos collaborateurs au service de projets d’intérêt général ? Une solution gagnant-gagnant existe : le mécénat de compétences !

Mécènes et porteurs de projets associatifs collaborent de plus en plus pour aboutir à un partenariat pertinent, porteur de sens et de valeur ajoutée pour les deux parties. Souvent utilisé en complément d’un don financier ou en nature, le mécénat de compétences se développe largement dans les entreprises qui sur la base du volontariat permettent à leurs salariés de donner de leur temps de travail. Côté association, cette forme de mécénat est un moyen de répondre à des besoins stratégiques (nouvelle stratégie de communication, de développement de ressources, etc.) ou opérationnels (création d’un site internet, évaluation d’impact social, etc.). Comment le mettre en place ? Dans quelles conditions ? Comment atteindre une efficacité maximale ?

1. Identifier ses besoins et élaborer un cahier des charges

La réussite de tout mécénat de compétences passe par la définition d’un cahier des charges élaboré au plus près des besoins et des capacités de l’association bénéficiaire. Tout don de compétences doit répondre à un besoin et non seulement à la volonté d’une entreprise de mobiliser ses collaborateurs. Pour ce faire, il est essentiel de mener, en amont, un diagnostic au sein de l’association afin d’identifier les activités qui nécessitent des compétences en priorité. Des outils tels que le SWOT ou l’analyse PESTEL sont fréquemment utiliser par les intermédiaires du pro bono pour faire un premier état des lieux. L’association doit alors faire le point sur ses principaux enjeux structurels et stratégiques pour établir une « fiche mission » claire et détaillée. L’astuce : penser ses fiches missions comme des offres d’emploi, le principe est le même !

2. Identifier le bon format d’accompagnement

Le mécénat de compétences s’adapte à tous types de projets, de temporalités ou de besoins. Les collaborateurs d’entreprises peuvent intervenir sur des périodes courtes (2h à 2 jours) ou très longues (détachements temps pleins pouvant aller jusqu’à 2/3 ans), seuls ou à plusieurs via un intermédiaire ou sans. Certaines missions pourront s’opérer au sein de l’entreprise, comme une prestation gracieuse organisées avec des salariés et d’autres directement au sein de l’équipe de l’association. La deuxième étape consistera à identifier le format qui correspondra le plus à vos besoins. Le périmètre des sujets traités devra s’accorder avec le nombre d’heures dédiées.

3. Valider les compétences du/des volontaire(s)

Que l’on accueille un nouveau permanent ou un volontaire en mécénat de compétences, le principe reste le même. En amont, le rôle de l’association est de s’assurer que les profils des salariés mis à disposition correspondent au besoin. Les intermédiaires du pro bono se chargeront d’assurer ce « matching » entre besoins et compétences. Sans cela, n’hésitez pas à programmer vous-même des entretiens de préparation de la mission pour vous en assurer.

4. S’assurer d’avoir les personnes disponibles en interne pour un suivi permanent

Cette question doit être considérée dès l’élaboration du cahier des charges. Que ce soit un projet pouvant être géré en grande partie par l’entreprise ou un projet construit avec la participation de bénévoles ou salariés de l’association, il faut prévoir des ressources humaines pour gérer la mission. Le suivi conditionne lui aussi la réussite de la mission. Il peut exiger la mise en place d’une méthode d’évaluation spécifique, propre à toute mission de mécénat de compétences, durant la mission puis plusieurs moi après. En fin de mission, un entretien doit être programmé (si détachement temps plein) ou tour de table de debrief (modèles d’accompagnements collectifs) pour identifier les perspectives et valider la compréhension du livrable formalisé par les volontaires avant mise en application.

5. Anticiper la mise en application

Un mécénat de compétences donne naissance à la remise d’un livrable, que ce soit un site internet finalisé ou des axes stratégiques définis. Il est nécessaire de prévoir le temps de la mise en application des réponses ou outils fournis par la mission et les ressources humaines correspondantes. Ne pas le faire expose l’association à un sentiment d’inutilité très improductif, au sein de son équipe ou chez son partenaire mécène. Un temps d’échange complémentaire, 2 mois après le départ des volontaires, permettra de voir l’état de mise en œuvre de ce livrable et d’imaginer de nouvelles perspectives d’accompagnement.

6. Communiquer sur le résultat final

Comme pour un mécénat financier ou de produits, il est important de rendre compte de ce qui a été accompli pour valoriser et remercier. Informer l’entreprise participante du résultat de la démarche augmente les chances de rééditer l’exercice et apporte une contrepartie de satisfaction tangible. Cela peut également donner l’occasion de témoigner de façon concrète de la réalité du soutien de l’entreprise.

7. L’apport d’un intermédiaire externe

Pro Bono Lab ou encore Koeo sont des organisations spécialisées dans la mise en place de missions de mécénat de compétences. Elles accompagnent en amont à la préparation du cahier des charges, et pendant la prestation. Certains consultants proposent également leur médiation pour formaliser les missions avec les entreprises mécènes.

8. Un volontaire ne peut se substituer à un permanent… il ne peut occuper une fonction « support » !

Le mécénat de compétence permet à une structure à finalité sociale de bénéficier d’un accompagnement « booster » dans un temps délimité. Il est essentiel de ne pas confier aux volontaires les missions permanentes qui exigent de se projeter à très long terme et de porter durablement la vision de la structure (Direction Générale, Direction du Développement, Comptabilité, etc.). Préférez des missions bien délimités qui apporteront un plus à la structure. Les risques dans le cas contraire ? Que le volontaire ne soit pas remplaçable ensuite et que la structure se retrouve déstabilisée par son passage.

9. Miser sur l’effet démultiplicateur d’un partenariat mixte (don financier + don de compétences)

La mobilisation des compétences de collaborateurs d’entreprises n’est pas une simple contrepartie au mécénat financier. C’est un don qui s’ajoute. La recherche de compétences, comme la collecte de fonds, est un métier en soi qui permet d’imaginer des partenariats mixtes, de plus grande envergure. Elle permet de placer votre projet associatif au cœur de vos entreprises mécènes. N’hésitez donc pas à faire du mécénat de compétence un moyen d’aller plus loin dans votre partenariat et de fidélisation.

Définition légale et défiscalisation

Le mécénat de compétences, considéré comme un don en nature, est éligible à la défiscalisation relative au mécénat (loi dite Aillagon du 1er août 2003, BOI 4 C-5-04 n°112 du 13 juillet 2004). Une entreprise qui met gratuitement un ou plusieurs de ses salariés quelques heures par semaine peut donc bénéficier de la réduction d’impôt prévue à l’article 238 bis du code général des impôts. Le don sera évalué à son prix de revient, c’est-à-dire rémunération et charges sociales.

Différence avec le bénévolat de compétences et le pro bono

Le bénévolat de compétences se met en place en dehors du temps de travail : il n’implique pas une entreprise, à la différence du mécénat de compétences qui permet à des salariés volontaires, dans le cadre d’une démarche de leur entreprise, de contribuer aux besoins d’une association. Le pro bono s’entend pour des services fournis gracieusement par une entreprise : mécénat de compétences est considéré comme plus large puisque pouvant faire appel aux compétences professionnelles mais aussi personnelles des salariés.

Par Sophie Barniaud et Sylvain Reymond pour l'Association Française des Fundraisers

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